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Astuces et conseils photo

5 conseils essentiels pour photographier en noir et blanc

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La photographie en noir et blanc n’est pas qu’un retour aux racines techniques en la matière, elle est intéressante à plusieurs niveaux.

Pratiquer la photo en noir et blanc permet de se concentrer sur autre chose lors de la prise de vue, de faire ressortir le graphisme d’une photo, une émotion particulière, et même de mettre en valeur une action (qui serait trop « noyée » en couleurs).

Contrairement aux idées reçues, le noir et blanc ne sauvera pas une photo ratée prise en couleur, mais elle peut rendre une photo « sympa » excellente ou bien une photo lambda plus intéressante (si on réfléchit à comment on aurait pu en tirer meilleur profit en noir et blanc et que l’on y pense par la suite, dans des conditions similaires…).

1 – Bien comprendre et gérer la lumière

En noir et blanc comme en couleur, mais de manière peut-être encore plus importante, il est important de bien réaliser la mesure de la lumière sur les zones claires de la photo, pour s’assurer de ne pas les brûler et donc de garder le maximum de détails. Attention, en argentique il faut exposer pour les ombres, sous peine de n’avoir que des zones complètement noires.

En général, il est recommandé d’éviter les heures les plus ensoleillées de la journée (entre 10h et 16h) car la lumière vive rendra les contrastes trop marqués, faisant perdre les jolies nuances de gris que l’on peut obtenir par temps gris (quand la lumière est plus « plate » mais clairement pas inintéressante) ou bien durant l’heure dorée (environ 1h après le lever du soleil et 1h avant son coucher). Mon astuce sinon, c’est de photographier dans des ruelles ou des zones à l’ombre, ou le soleil pénètre moins. À noter pour les portraits : une lumière assez plate (typiquement, par temps gris) atténue grandement les petits défauts.

À gauche, photographie d’une zone à l’ombre | Au milieu, photo prise en intérieur | À droite, photo prise en plein milieu de la journée en Colombie (soleil très dur), mais sur le versant de la rue qui était davantage à l’ombre.
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Exemple d’une photo prise en pleine journée en plein soleil : les contrastes sont durs, les noirs particulièrement marqués. Il y a tout de même pas mal de nuances de gris, mais il a fallu que je shoote en RAW (j’y reviens au point 5) et que je retravaille la photo en post-production pour récupérer ces tons-là.

2 – Chercher les textures, les reliefs, les contrastes

En noir et blanc, il est bien évident tentant de photographier comme en couleurs, sans nécessairement pousser la démarche plus loin, juste pour l’esthétisme un peu intemporel du rendu. C’est ce que je faisais à mes débuts en photo, profitant de la fonctionnalité proposée par mon 1er hybride (de mémoire, mon reflex ne l’avait pas) de shooter directement en noir et blanc.

C’était bien avant de comprendre que cette pratique pouvait constituer en réalité un terrain de jeu formidable, et qu’adapter son regard selon que l’on photographie en couleur ou en noir et blanc permet de s’amuser bien davantage ! Entre nous, j’ai même réalisé récemment que j’adorais le fait en shooter noir et blanc à l’argentique : la pellicule est dans l’appareil, je n’ai plus d’autre choix que de me forcer à « penser en noir et blanc » donc « voir en noir et blanc ». Et c’est bien connu, de la contrainte naît la créativité !

À gauche : argentique (Pentax ME – Kodak Tri-X 400) | À droite : photo prise au téléphone, retouchée en noir et blanc sur Lightroom

En photo noir et blanc, il est particulièrement intéressant de chercher autour de soi les jeux de textures, de relief, de superpositions de matières, voire de contraste DANS la matière. J’aime personnellement faire des photos assez graphiques de végétation, ou encore jouer avec la lumière pour faire se détacher un sujet.

Photo argentique (Pentax ME – Kodak Tri-X 400)
Silhouettes qui se détachent
Jeux de reliefs et de textures
D’autres silhouettes qui se détachent, en changeant d’angle (plongée/contre-plongée)

3 – Prêter attention aux formes et aux lignes

Autre jeu intéressant en noir et blanc, chercher les formes et les lignes dans le paysage, et se les approprier. Il est possible de s’en servir comme cadre, de réaliser une photo la plus symétrique possible, de construire une photo à la limite de l’abstrait (ou complètement abstraite) ou de réaliser une photo très graphique en mettant en valeur les lignes à travers les contrastes. 

À gauche : un cadre dans le cadre | À droite : photo construite de manière symétrique pour faire ressortir la verrière (et derrière elle, les branches légèrement inquiétantes)
Photo argentique à la limite de l’abstrait (Pentax ME – Kodak Tri-X 400)
Jeux de lignes, soit avec un parti pris de composition au tiers droit de la photo (à gauche), soit de manière symétrique (à droite)

4 – Jouer avec les ombres

Mon premier terrain de jeu en photographie noir et blanc, je crois que ce sont les ombres ! La palette de possibilités est tellement large : en projection sur un mur, au sol, sur un visage, sur des objets….

Pour rendre cette idée encore plus amusante, n’hésitez pas à la croiser avec une autre : cherchez une ombre + un reflet (dans une vitre, une flaque d’eau) par exemple…

Simple jeu d’ombres sur une façade (à gauche) ou couplé à un reflet dans la vitre d’une porte (à droite)
Photo argentique (Canon AV-1 + Kentmere Pan 100) de la projection d’ombres de branches d’arbres sur un mur
Projection d’ombres sur une flaque d’eau (à gauche) ou sur une façade (à droite)

5 – Shooter en RAW (ou raw+jpeg)

Choisir le format RAW, si votre appareil le permet, offre la possibilité de travailler plus en amont la photo en post-production (pour laquelle, personnellement, j’utilise le logiciel Lightroom).

Trois points essentiels à noter

  • le format RAW est un format brut qui comporte toutes les informations enregistrées par le capteur, indépendamment de certains réglages tels que la balance des blancs, la température etc. Il nécessite parfois un logiciel de traitement pour être lu (selon le RAW délivré par l’appareil, certains aperçus peuvent être directement visibles dans la visionneuse de Windows, d’autres non -j’ignore totalement ce qu’il en est sur Mac).
  • shooter en RAW permet de récupérer des informations dans les ombres (attention, presque rien dans les blancs, quand c’est brûlé, c’est brûlé !). C’est intéressant notamment si vous avez sous-exposé votre photo et que vous avez des zones trop noires (si on ne voit pas les plis d’un vêtement par exemple). Attention, si la sous-exposition est très importante, vous devrez monter fortement votre curseur dans les ombres et le grain (tout comme le dynamisme global) de votre photo s’en ressentira !
  • à la retouche, plus le noir est marqué, plus le blanc paraîtra lumineux (par effet d’optique) : dosez cette info au mieux !
Jeux de contrastes entre sujet et arrière-plan
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Jeux de contrastes sur plusieurs plans

Bonus – Argentique : bien choisir son film noir et blanc

Pour travailler à l’argentique en noir et blanc, de nombreuses pellicules existent (tant qu’il est parfois difficile de faire un choix, même en effectuant un premier tri au regard du budget à y allouer).

Tout d’abord, en argentique, le choix des ISO (qu’on appelle ASA) est déterminé par le film lui-même, et ce, pour les 24 ou 36 poses à réaliser. Il s’agit donc de réfléchir en amont aux conditions que l’on va rencontrer : intérieur ou extérieur, et dans ce second cas, journée très ensoleillée ou temps gris… Va-t-on avoir besoin de saisir des mouvements (et donc d’une pellicule dite « rapide », à 400 ASA ou plus), ou va-t-on se concentrer sur l’architecture (et pouvoir utiliser une pellicule plus « lente ») ?

Une fois ces critères établis, vous savez de combien d’ASA vous aurez besoin, ce qui permet d’éliminer un certain nombre d’options. Pour faire votre choix entre les possibilités restantes, considérez ensuite le rendu offert par chaque film en matière de grain, de contraste (certains sont plus doux, d’autres très marqués), de densité, de latitude (certains films encaissent plus facilement que d’autres les erreurs d’exposition)…

Pour ma part, je n’ai fait développer que deux films en noir et blanc à l’heure actuelle (j’en ai un troisième presque terminé), donc il me serait difficile d’en recommander objectivement certains plus que d’autres (d’autant qu’en ce domaine, tout est affaire de goût personnel). Sachez simplement que mon premier film était un Kentmere Pan 100, que je compte racheter, et mon deuxième un Kodak Tri-X 400 que je n’ai pas adoré. J’ai actuellement un Ilford Pan F 50 en cours, un Ilford FP4 Plus 125 dans mes tiroirs et je lorgne sur un Lomography Berlin pour la suite…

Kentmere Pan 100, pour un contraste assez doux (Canon Av-1)
Kodak Tri-X 400, pour un contraste assez élevé – pellicule shootée de surcroît par une journée ensoleillée
(Pentax ME)

J’espère que cet article vous sera utile. N’hésitez pas à me dire si vous avez pu y piocher quelques idées (ça fait toujours plaisir), de même qu’à me poser vos questions !

A propos

Je suis une photographe ayant un peu la bougeotte... Revenue en France au printemps 2020 et actuellement localisée à Montpellier, j'aime les photos qui transmettent un brin de poésie et qui subliment le quotidien. Je réalise des sessions photo de portraits (solo, couple, famille) en privilégiant les interactions authentiques et le reportage "sur le vif" (mais j'ai aussi à cœur de mettre ma créativité au service de mises en scènes plus recherchées). Si mon travail vous intéresse, n'hésitez pas à me contacter !

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